TANGO SUR ET LES CANCIONES CIUDADANAS DEL RÍO DE LA PLATA

Tango Sur est formé par Marcelo Arnal, piano, Hugo Ramírez, voix et Florencia Amengual, bandoneón.

Le musicien, pianiste et compositeur Marcelo Arnal est né à Corrientes (Argentine) le 8 mars 1963. Le courant de sa vie lui mène d’abord à Buenos Aires (de 1998 à 2001) et ensuite à Barcelone.
Bien qu’il ait étudié avec le maestro argentin Norberto Minicillo, il se définit en grande partie comme autodidacte.
De l’œuvre de Marcelo compositeur il faut mentionner sa composition Viva Picasso, sur des poèmes de Rafael Alberti (1987), Telarañas pour la pièce de théâtre d’Eduardo Pavloski (œuvre dirigée par Andrés Spinelli et représentée au théâtre Payró en 1990), Cuerpo más cuerpo de Mónica Fraccia et sa collaboration musicale dans l’œuvre infantile Jack, el destripador de Horacio Guevara.
Il est l’auteur des arrangements et de l’interprétation musicale pour El Cortázar Tango Club (spectacle dirigé par Horacio Guevara et représenté dans le Centre Culturel Recoleta et dans le théâtre Camara Negra de Santiago de Chile et autres salles pendant les années 1991- 1992).
Il a composé de la musique sur les poèmes de Jose Luis Borges pour l’œuvre Borges, un viaje en globo (direction et choréographie de Julio López, 1993) et les poèmes de J. Cortázar pour l’œuvre Mitotango (Barcelone, 1998). En plus, il a composé la musique pour la choréographie Soma et l’œuvre Lluvia de S. Cardel et K.M.3 (théâtres Luz y Fuerza et IUNA- Instituto Universitario Nacional de las Artes de Buenos Aires).
En tant que pianiste, Marcelo Arnal a accompagné Franklin Caicedo dans le spectacle Tango, et la maestra Ana M. Stekelman lors d’un séminaire de danse pour le Ballet Contemporain du Théâtre Municipal Général de San Martín. Dans les années 1999 et 2000, il accompagne la chanteuse et compositrice María José Cantilo.
Il participe dans le casting et la représentation de l’œuvre Canto a la memoria con Susana Rinaldi (1994) et accompagne Teresa Parodi dans sa tournée nationale et internationale de 1995. Plus tard, en 1998, il participe au Festival de Musique, Danse et Peinture, organisé par le Centre Culturel Ricardo Rojas.
Il combine toutes ces activités avec son travail comme musicien accompagnant dans les cours de danse contemporaine dans le Département des Arts de Mouvement « Maria Ruanova » à l’IUNA.
Sa quête artistique et professionnelle lui a amené à Barcelone. Et maintenant à Tango Sur parce pour lui « le tango est l’expression artistique qui reflète les sentiments et les expériences de l’homme et de la femme de la ville portuaire ».

Le chanteur Hugo Ramírez est né le 11 octobre 1960 dans La Teja, un quartier populaire de Montevidéo, la capitale uruguayenne. C’est ici qu’il commence sa relation précoce avec le tango, le football et la lutte sociale pour un monde plus juste et solidaire.
Le tango marque ses nuits quand il est enfant : il s’endorme accompagné du son d’une vieille radio qui sonne entre les rideaux de la chambre de ses parents.
Un jour il a fait la promesse à sa mère d’aller à la recherche de ses racines et de ses antécédents familiers de l’autre côté de l’Atlantique. Cette promesse et quelques autres raisons lui poussent à entreprendre ce voyage particulier à Catalogne.
Hugo Ramirez s’initie dans la musique quand il est encore un enfant, un enfant de six ans qui accompagne tous les dimanches le chanteur de tangos Gaucho Peñaloza dans ses tours dans le quartier. Plus tard, Hugo fera partie d’un trio folklorique dans lequel sa voix est accompagnée des guitares de Roberto Pan – son parrain – et May.
Dans les années 1973 – 1985, Hugo participe, comme tant de jeunes uruguayens, dans les chants populaires contre la dictature : pendant cette période tragique, chanter était une forme d’exprimer son mécontentement social.
Pendant longtemps, Hugo Ramírez a chanté en s’accompagnant sur sa guitare. Mais, pour un Uruguayen habitué, par nécessité et conviction, à lutter depuis toujours pour un monde plus juste et libre, pour un libertin qui sait que « malgré tout, il faut continuer à vivre », le tango, qui a ses racines dans les vies et les sentiments du peuple, lui sert de moyen d’expression par excellence pour expliquer la douleur, les sentiments et la rébellion. Hugo revendique en chantant qu’il fait partie de ce peuple du tango qui est rebelle parce qu’il ne veut pas oublier d’où il vient et parce qu’il y a toujours des raison pour être rebelle.
En Uruguay, il a participé à divers concours de chant et folklore et en a gagné quelques uns, ce qui lui permet d’apparaître dans quelques programmes de télévision. Il participe également au carnaval avec le groupe folklorique de percussion (murga) La Bohemia.
Depuis son arrivée à Barcelone, Hugo Ramírez a participé, avec sa voix et sa guitare, aux festivals solidaires de Barberà, Sabadell, Rubí, Les Franqueses et Castelldefels. En 2004, il a participé au Festival de Théâtre de Rue à Tarregà.

Nace en Buenos Aires en 1975, comienza sus estudios musicales a temprana edad de la mano de la guitarra clásica y el canto. A los 13 años integra el Coro Polifónico de la Universidad Argentina J.F.Kennedy, actuando en diversos escenarios como el Salón Dorado del Teatro Colón de Bs.As., el Teatro Coliseo, el Teatro San Martín, entre otros, En 1992 comienza la carrera de guitarra eléctrica en el Instituto Tecnológico de Música Contemporanea y explora en estilos como el jazz, el funk, blues, tango, etc. En 2002 comienza a estudiar bandoneón con Gabriel Rivano; en 2005 decide radicarse en Barcelona y perfeccionar la técnica del instrumento con Marcelo Mercadante. Forma parte de diversas agrupaciones , Tango Sur, Percal Trío, Tango Cabaret Group, entre otros, actuando en escenarios como el Teatro Orfeón, Harlem Jazz Club, Jamborie Jazz Club, el festival Urban Tango de Barcelona 2006, La Fiesta de la Rosa (Gavá), bar Pastís, el Teatro de Bellas Artes de Sabadell, etc.

Argentine, Uruguay, Catalogne et le Tango

L’origine du tango est fortement liée aux migrations, à ce monde aquatique du Rio de la Plata qui naît de l’expulsion des gauchos et des indiens natifs de l’intérieur du pays par les Anglais au 18ième siècle et leur arrivée aux villes portuaires de Buenos Aires et Montevidéo. Ces villes accueillent également les européens arrivés par bateau, fuyant la surpopulation du Vieux Continent pour continuer leurs vies dans d’autres villes surpeuplées à l’autre côté de l’Atlantique. Ils sont joints par les bandes militaires noires qui ont élu cette ceinture de banlieues comme leur territoire.
Dans ce monde à la marge des villes, le tango naît comme « une danse avec un caractère sexographique, une danse nerveuse, joyeuse et séduisante au début, mais dont la musique évolue comme forme cathartique de canaliser les frustrations, les ressentiments, les nostalgies de tous ces exilés du destin qui ont trouvé refuge dans les quartiers pauvres. »
Les banlieues, les quartiers pauvres, les quartiers les plus éloignés du centre furent le berceau du tango. D’ici vient son identification avec l’individu et la marge versus l’Etat et le centre.
Reconnu comme un phénomène culturel complet – danse, musique, chanson, poésie – d’origine populaire et de naissance évolutive, conséquence de la combinaison de la culture espagnole et créole avec celle de l’immigrant européen, le tango a recouru un chemin curieux de va et vient entre le Nouveau et le Vieux Continent.

Les membres de Tango Sur vivent en Catalogne depuis quelques années déjà et ils ont décidé d’unir le piano, la voix et le bandoneón pour rendre hommage à ses origines et rester fidèles aux chansons du Rio de la Plata. Ils le font avec la musique et les tangos de la main de l’universel et éternel Carlos Gardel.
Tout comme Gardel, Tango Sur propose un voyage particulier et construisent un pont entre la Catalogne, l’Argentine et l’Uruguay avec le tango, qui est connu comme le son de l’immigration. Dans tous les cas, le tango est un lieu commun de sentiments, d’émotions et de revendications sociales, de la « grande comédie humaine » racontée par le tango, qui rend le voyage plus facile malgré l’Atlantique et d’autres distances moins justes.
On dit de Carlos Gardel, Carlitos, qu’il est « le meilleur chanteur, le meilleur interprète de la chanson créole » et que « si Uruguay lui a donné la vie, il doit sa gloire à l’Argentine ». Et… pourquoi la Catalogne ? Parce que Gardel est le petit-fils de Juan Escayola, qui est née dans Sabadell, ville importante en Catalogne.
Après Buenos Aires et Montevidéo, Barcelone a toujours été un « bon lieu » pour le monde du tango. Mis à part la descendance génétique de Gardel, Barcelone a su et sait toujours accueillir le tango et apprécier l’expression musicale populaire qu’il représente. Peut-être est-ce du au fait que, tout comme Buenos Aires et Montevidéo, Barcelone, avec son propre port, connaît la nostalgie de l’adieu et l’espoir de ceux qui arrivent avec une seule valise pour ce voyage d’aller et retour entre le Nouveau et le Vieux Continent : l’espoir.
Quelqu’un a dit que le tango a su faire ce que Borges voulait à la fin de sa carrière : écrire comment les gens parlent.
Il existe cependant une conception topique et pauvre du tango quand on le limite aux « lamentations de l’homme cocu ». Ceci n’est qu’un des nombreux thèmes du tango. L’erreur peut être dû au fait qu’on entend que peu de tangos et est bien illustrée par une anecdote bien connue que Gardel racontait à ses amis. « Quand il était arrivé à Madrid, il allait au bar Chicote où le fameux propriétaire lui a demandé d’où il venait et quel était son travail. Quand Gardel lui a commenté qu’il venait de l’Argentine et qu’il chantait des tangos, la question suivante du propriétaire était : ‘Et votre femme, quand vous a-t-elle abandonné ?’ ». Le tango chante l’amour, mais nous parle aussi du quartier, du bar et de l’alcool. Il y a des tangos sur l’enfance et les mères. D’autres se souviennent du port et de la mer. Il y a des tangos contre et pour les femmes. Des fois, le thème du tango et le bandonéon, les carnavals et le jeu. Parfois le tango donne des conseils. Il y a des tangos qui parlent de la danse et des danseurs.
2005 était le le 70ième anniversaire de la mort de Carlos Gardel, par accident d’avion, à Medellín, le 24 juin 1935. Cette date marque le début du Gardel immortel pour l’éternité.